L’étude des économies anciennes a été profondément renouvelée ces dernières années et offre aujourd’hui un tableau contrasté, révélant un monde beaucoup plus dynamique et mouvant qu’on n’a pu l’écrire par le passé. Longtemps sclérosé par l’opposition entre le courant d’études dit « primitiviste » et celui présenté comme « moderniste », le débat porte aujourd’hui sur l’altérité, l’originalité de l’économie antique : la cité antique, avec son lieu de marché et la capacité juridique de ses citoyens, a assurément créé les conditions de la première économie de marché monétaire et a développé un grand commerce fondé sur l’offre et la demande à l’intérieur d’un marché méditerranéen global, mais non unifié. Pour autant, les Anciens eurent-ils des objectifs économiques ? Jusqu’à quel point la cité fut-elle impliquée dans l’économie et de quelle façon ? Y eut-il des pratiques de marché ? L’économie fut-elle en elle-même un immense marché ? Y a-t-il eu, comme on a pu le prétendre par le passé, blocage technique qui expliquerait la non-industrialisation de l’économie antique ? La ville est-elle uniquement un espace de consommation, un espace-parasite ? Autant de questions qui seront abordées dans ce cours grâce à l’étude de sources très variées, textuelles, mais également archéologiques.